Article de Marion Pedeutour-Gadras (RSEDD 2020)

 

On ne compte plus ces derniers mois les articles de presse et les prises de parole politiques par divers experts portant sur les enjeux liés à la protection de l’environnement, en ce qui concerne notamment les effets du changement climatique et la sauvegarde de la biodiversité, d’une part, et, d’autre part, les problématiques liées à l’exploitation de l’eau et à sa raréfaction. Par ailleurs, l’opinion publique à travers les consommateurs et les associations militantes se montrent de plus en plus assertives et demandent aux entreprises et aux marques des actes forts et concrets en matière de politique environnementale et sociétale.

Des transformations ont été initiées dans bons nombres de grandes entreprises il y a plus de 10 ans, mais les entreprises de tailles plus modestes peinent, faute de moyens ou de connaissance à engager de nouvelles stratégies de développement. C’est pourquoi après avoir guidé les artisans dans leur transition numérique, le Gouvernement, en collaboration avec l’ADEME, a souhaité impulser une accélération dans l’accompagnement des entreprises sur le volet écologique. Ainsi, il a été annoncé le 5 juillet dernier le déblocage d’une enveloppe de 15 millions d’euros –  dans le cadre du plan France Relance, les deux réseaux consulaires CMA France (Chambre des Métiers et de l’Artisanat) et CCI France (Chambre de Commerce et de l’Industrie) – pour aider les artisans, les commerçants et les indépendants à réaliser leur transition écologique. Ainsi 35 000 diagnostics de maturité écologique et près de 10 000 actions d’accompagnement pourraient en découler ( https://www.lemondedesartisans.fr/actualites/performa-environnement-coup-daccelerateur-sur-la-transition-ecologique).

Cet enjeu a été réaffirmé à l’occasion du rendez-vous annuel du MEDEF le 25 août dernier (la Rencontre des Entrepreneurs de France) à travers la voix de Geoffroy Roux de Bézieux, qui n’aura pas manqué d’évoquer dans son discours d’ouverture le défi que représente la transition écologique des entreprises. Ce dernier évoque en outre que le contexte de la crise de la Covid-19 ne facilite pas le lancement de chantiers de refonte des stratégies d’entreprise.

 

Comment les TPE et les entreprises de l’artisanat appréhendent-elles ce défi écologique ?

En tant que 2ème secteur de l’artisanat en France, le marché de la coiffure cherche aussi à promouvoir une politique de développement durable en lien avec son activité et ses impacts divers. Les salons de coiffure représentent près de 82 500 établissements en 2019 dont 60 000 salons de coiffure (*Source : chiffres UNEC 2019) et constituent un gisement d’emplois comportant pas moins de 188 000 professionnels actifs (salariés et gérants). Les salons accueillent en France chaque jour 900 000 femmes (et hommes) environ pour se faire coiffer et ne peuvent ignorer les défis environnementaux et sociétaux qui traversent actuellement la société. En ce sens, les changements qui s’opèrent se traduisent par la mise en place d’actions incitatives sur la gestion de l’eau, la gestion des déchets ou encore sur l’énergie, qui sont ensuite valorisés auprès des professionnels et de la clientèle des salons.

Cependant, une évaluation globale et systématique des différents processus et composants susceptibles d’avoir des répercussions sur l’environnement reste encore à construire.

 

Comment les impacts environnementaux s’évaluent-ils dans un salon de coiffure ?

Seule une analyse de cycle de vie (ACV) permet de quantifier les impacts d’un produit (un bien, un service ou même un procédé). Cet examen débute depuis l’extraction des matières premières qui le constituent jusqu’à son élimination en fin de vie et consiste donc à prendre en compte les phases de distribution et d’utilisation. Malheureusement aucune ACV dédiée à l’activité de la coiffure n’a encore été réalisée en suivant les normes d’évaluation européenne (2018) qui n’englobent pas moins de 16 indicateurs environnementaux. Une étude devrait être conduite dans les mois qui viennent et devrait nous fournir une image des différents postes considérés en tonnes d’équivalent CO2 (t COéq). Les enjeux environnementaux des salons de coiffure concernent à cet égard l’empreinte carbone, l’empreinte eau et la gestion globale des déchets de l’activité.

Dans le cadre de l’empreinte carbone, les éléments dont nous disposons nous permettent d’identifier les grands postes à savoir majoritairement le transport des clients se déplaçant vers les salons de coiffure (un salon reçoit près de 3000 visites de femmes en 2019 (Source : Ikosoft). Si l’on exclut ce poste, l’on peut trouver les dépenses de consommation d’énergie telles que le chauffage et la climatisation, et l’électricité (notamment pour le lavage du linge ou le chauffage de l’eau du bac à shampooing). Il est bien entendu que le mix énergétique du pays dans lequel le salon se trouve et le contrat souscrit par le salon seront lui aussi déterminants. Il y a de grandes disparités selon les pays (Suède et Allemagne par exemple) car elles sont fonction des sources d’alimentation en électricité (les centrales nucléaires et les barrages hydroélectriques émettent beaucoup moins de CO2 que les centrales à charbon). Le salon français a tout intérêt à faire le choix d’un contrat d’énergies renouvelables moins émettrices de gaz à effet de serre.

Si l’on regarde du côté de l’empreinte eau, elle se manifeste sous deux formes différentes dans les salons de coiffure. Il s’agit tout d’abord de l’eau nécessaire à la fabrication des produits capillaires utilisés dans l’activité du salon et vendus aux client(es), puis de l’eau nécessaire au rinçage des prestations de coiffure (prestations de coloration ou de shampooings et soins).

Une étude montre que 22 Litres d’eau à 40° C sont utilisés en moyenne par client dans les salons sans dispositif d’économie d’eau (Source : Consoglobe). Si l’on calcule la consommation d’eau d’un salon de taille moyenne (composé de 3 collaborateurs), on obtient un résultat de consommation annuelle de l’ordre de 180 m3 d’eau environ. Ce niveau de consommation d’eau peut apparaître en effet très faible si l’on compare à certains domaines de production. Par exemple, dans l’industrie textile ce ne sont pas moins de 10 000 litres d’eau (10 m3) qui sont utilisés pour la fabrication d’un seul jean. Toutefois, peut-on souffrir d’actions superflues quand il s’agit de la préservation d’un élément aussi vital que l’eau ?

A ce jour, des salons ont mis en place des dispositifs d’économie d’eau (par exemple la marque Ecoheads : https://ecoheads.fr/) mais cela reste encore très marginal. Un ensemble d’actions de communication et de sensibilisation doivent être mises en place pour inciter les gérants et les collaborateurs à la préservation de l’eau.

Du côté des produits utilisés dans les salons de coiffure, les marques travaillent à améliorer leur formules (niveau de rinçabilité par exemple) ainsi que l’ensemble des procédés industriels. Pour exemple, depuis plus de 10 ans le Groupe L’Oréal a développé un outil de mesure d’impact et affiche un résultat de 96 % des nouveaux produits analysés présentant un profil environnemental ou social amélioré (ce score était de 85% en 2019). D’ici à 2030, le Groupe innovera pour permettre à ses consommateurs de réduire de 25 % en moyenne par produit fini la consommation d’eau liée à l’usage des produits, par rapport à 2016. Quelques marques professionnelles commencent à communiquer auprès de la profession sur leurs engagements en matière de développement durable, c’est le cas du Groupe Wella ou encore Daviness qui communique un reporting RSE chaque année avec ses réalisations (https://davinesgroup.com/en).

 

Le réemploi des déchets dans une perspective de développement durable

En matière de gestion des déchets de l’activité coiffure, les dispositifs existants en France sont très différents et peu déployés à l’échelle nationale. L’association Coiffeurs justes crée en 2015 récupère les cheveux issus des prestations de coupe de différents salons de coiffure en France via des dons. Thierry Gras le fondateur de l’association et coiffeur peut compter sur le don de cheveux de près de 4 500 salons de coiffure en France (https://coiffeurs-justes.com/). Le cheveu est particulièrement «lipophile», c’est-à-dire qu’ils retient les matières grasses et notamment les nappes d’hydrocarbures des bateaux. Par conséquent, le cheveu peut être intégré dans un boudin pour dépolluer les eaux notamment celle des zones portuaires. Par ailleurs, Capillum est une entreprise fondée en 2019 par deux entrepreneurs et compte aujourd’hui près de 1000 salons partenaires dans la collecte de cheveux. Ils valorisent la matière collectée à partir de trois domaines d’exploitation : la recherche médicale du fait de la présence de kératine à hauteur de 95%, la dépollution des eaux et des sols, l’agriculture et le jardin (https://www.capillum.fr/). En outre, La collecte du coiffeur est un dispositif crée par la Collecte médicale qui collecte les tubes de coloration, les aérosols et les lames de rasoirs (http://www.lacollecteducoiffeur.fr/ ). La Collecte du coiffeur s’est associée en Mai dernier à Capillum pour proposer aux salons de coiffure une offre de services plus complète comprenant la collecte de cheveux, des tubes de coloration et aérosols dans l’ensemble des salons affiliés aux enseignes Dessange et Camille Albane. Le déploiement de ces opérations s’opère dans le cadre d’une politique de développement durable souhaitée par l’enseigne pour réduire son impact environnemental (https://pressroom.dessange-international.com/la-collecte-et-le-recyclage-des-cheveux/). Petit à petit la gestion des déchets se met en place dans les salons de coiffure et une contribution verte (« green fee ») est proposée aux client(es) des salons pour participer au financement de la prestation ou de la mise en place d’autres initiatives dans le salon. A l’international, des initiatives de collecte et de valorisation des déchets de la coiffure émergent en Suisse, en Grande Bretagne et Irlande, mais aussi au Canada, aux Etats-Unis et en Australie.

 

Comment le groupe L’Oréal s’implique-t-il dans cette transition écologique ?

La Division des Produits Professionnels de L’Oréal a souhaité rapidement s’interroger sur une démarche d’accompagnement de ses clients afin de construire ensemble une coiffure plus durable, s’appuyant sur plus de 110 ans de connaissance et d’accompagnement du monde de la coiffure. Par conséquent une initiative nouvelle et inédite a été lancée en février dernier en France sous forme d’un test pilote incluant près de 300 salons volontaires. Il s’agit d’un programme ambitieux qui englobe ces trois volets : la gestion des déchets, la gestion de l’eau et une sensibilisation aux énergies renouvelables. Pour cela L’Oréal a noué un partenariat avec Veolia entreprise de la transformation écologique et ELISE, acteur de l’Economie sociale et solidaire employant des personnes ayant des difficultés d’insertion ou porteur de handicap. L’objectif est de collecter 100% des déchets de l’activité coiffure dans une perspective de valorisation et d’optimisation. Il est concrètement question de l’installation du tri à la source afin de faciliter la collecte et la valorisation de tous les déchets : cheveux, papier/carton, spécifiques à l’activité coiffure (tubes de coloration, aérosols etc), plastique, et hygiène (masques covid). Veolia valorise l’ensemble des matières collectées et notamment le cheveu qui de par sa nature unique, permet d’envisager des applications innovantes : dépollution des eaux, fertilisant et compost.

L’enjeu de la préservation de l’eau étant considéré comme un enjeu majeur, L’Oréal et Gjosa (start up basée à Bienne en Suisse) travaillent ensemble depuis 2015 pour optimiser les technologies de rinçage des shampoings dans le but de limiter la quantité d’eau utilisée. En 2018, ils ont annoncé le développement d’une douchette pour les salons de coiffure permettant d’économiser jusqu’à 65% d’eau. Celle-ci est actuellement testé dans les salons du test pilote en France et fera l’objet d’une commercialisation en France et au niveau international en 2022. Au-delà d’un partenariat commercial, cette démarche expérimentale entre L’Oréal et ses clients repose sur la volonté d’agir collectivement eux égards aux enjeux du développement durable de la profession. Cette expérimentation va faire l’objet d’une présentation lors du prochain salon professionnel Mondial de la Coiffure et sera étendue en 2022 à une échelle nationale.

 

Le volet social

Le développement durable passe également par la dimension sociale et notamment la prise en compte de la santé et du bien-être des collaborateurs travaillant dans le salon. Les salons de coiffure ont un enjeu majeur de recrutement et de fidélisation des collaborateurs notamment en raison du fait que le secteur souffre depuis plus de 10 ans d’une baisse significative de jeunes s’inscrivant dans cette filière de formation. En dépit du fait qu’il s’agisse du deuxième secteur de l’artisanat formant des apprentis en CFA, la coiffure a perdu 28% de ses effectifs en formation en 10 ans. L’impact de ce métier sur la santé pourrait figurer parmi les raisons de cet éloignement. En effet, il s’agit d’un métier physiquement difficile dû à des gestes répétitifs et à une posture contraignante en station debout. Selon les chiffres de la sécurité sociale, ce secteur d’activité est touché par des arrêts maladies dont les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent 80%. Les postures inconfortables ou inadaptées, les mouvements répétitifs ou encore les piétinements sont à l’origine de ces pathologies professionnelles. La prévention des risques professionnels passe par des actions liées à l’ergonomie du matériel notamment en utilisant des bacs à shampooing qui se lèvent et descendent en fonction de la taille et du besoin du collaborateur ou encore des tapis dit anti-fatigue ainsi que du petit matériel tels que des ciseaux de coupe ergonomiques.

 

La labellisation ?

Les salons de coiffure peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un label de certification, seul label RSE existant dans la profession : « Développement durable, Mon Coiffeur s’engage ». Ce label a été lancé en 2009 par les Institutions de la Coiffure en partenariat avec Ecocert et l’AFNOR. Il est sous format d’un référentiel permettant l’évaluation des performances de développement durable d’un salon de coiffure sur quatre volets : Environnemental, Social, Client et Territoire et citoyenneté. Sur le volet Environnement, il s’agit d’évaluer les consommations d’eau, d’énergie, la production des déchets, les produits, l’air, le bruit. Sur le volet Social, la qualité de vie au travail, la santé, la sécurité, la formation et le management seront examinés. Sur le volet des Clients, il est question d’apprécier le bien-être, l’accessibilité du lieu, les produits.  Enfin, sur le volet de la Citoyenneté, les initiatives locales avec la commune dont dépend le salon de coiffure seront ici considérées. A ce jour 200 salons en France sont labellisés ce qui est encore peu (https://moncoiffeursengage.com/).

 

Quelles sont les pistes pour favoriser l’accélération de la transition écologique de ce secteur ?

L’on peut s’interroger sur les leviers qui pourraient favoriser l’émergence d’une prise en compte des questions vives portant sur les enjeux environnementaux liés à cette profession.  Nous savons qu’il est impératif que l’ensemble des parties prenantes soient informées et mobilisées en ce sens. Pour ce qui est du côté des institutions publiques, elles vont permettre une prise de parole et une accélération via ce coup de pouce du dispositif des CMA et CCI dans le cadre du dispositif France relance. Toutefois, la question de la médiatisation du sujet dans cette profession se pose avec une certaine urgence. Le salon professionnel qui se tient en septembre prochain devrait favoriser la promotion des initiatives initiées par des fournisseurs et des prestataires de services. A cet égard, nous pouvons notamment penser au label RSE mais aussi au programme porté par L’Oréal. Nul doute que la presse professionnelle devrait se faire le relais du sujet auprès de la profession. Enfin, la question de la sensibilité environnementale des citoyens en général se pose. Malgré la crise de la Covid-19, le sujet de l’environnement reste omniprésent dans les médias. L’on sait qu’une partie des citoyens se montre davantage curieuse et en attente vis-à-vis de l’activité des commerçants en ce qui concerne, par exemple, les modes d’approvisionnement des produits, la gestion de leurs déchets ou encore la réduction des emballages. Selon une enquête IFOP réalisée en fin 2020 et intitulée « Les français et l’environnement », les français déclarent avoir adopté un certain nombre de gestes en faveur de l’environnement dans leurs pratiques quotidiennes : le tri des déchets (adopté par 82 % des Français), couper son chauffage ou chauffe-eau en cas d’absence prolongée (70 %), l’achat de légumes de saison (68 %) ou baisser la température de son logement en hiver/limiter la climatisation en été (61 %). Sans doute liées pour une part à la crise sanitaire s’agissant des deux premiers indicateurs, les autres tendent à montrer une certaine évolution pour ce qui est de l’achat de produits locaux (55 %, + 4 points), de la réduction des voyages en avion pour ses loisirs (43 %, + 3 points) ou encore quant aux choix des produits avec peu d’emballage (45 %, + 4 points). La clientèle des salons pourrait elle aussi se montrer plus exigeante vis-à-vis des pratiques de son salon de coiffure et cela pourrait constituer un motif pour attirer une nouvelle clientèle. En effet, l’on sait qu’une femme sur deux serait prête à quitter un salon ordinaire ou classique pour un salon plus responsable (Source : Label Mon Coiffeur s’engage).

 

 

References

 

Le Figaro avec AFP, 2021, « Transition : un appel pour pousser les entreprises à agir davantage », 26/08/2021, disponible, https://www.lefigaro.fr/flash-eco/transition-un-appel-pour-pousser-les-entreprises-a-agir-davantage-20210826

« Les temps forts de la REF Transition écologique : les grands témoins », /08/2021 ; disponible, https://www.medef.com/fr/actualites/les-temps-forts-de-la-ref-transition-ecologique-les-grands-temoins

GIRARD-CLAUDON Pierre-Henri, Les Echos, 2021, « Transition écologique : les patrons se sentent démunis », 27/08/2021, disponible, https://www.lesechos.fr/economie-france/social/transition-ecologique-les-patrons-se-sentent-demunis-1341341

Site de la CMA France, 2021, « Le gouvernement accélère la transition écologique des artisans, commerçants et indépendants en collaboration avec l’ADEME, CCI France et CMA France », 06/07/2021, disponible, https://cma-france.fr/2021/07/06/transition-ecologique-des-artisans/

CLESSIENNE Julie, Le Monde des Artisans, 2021, « Performa Environnement : coup d’accélérateur sur la transition écologique ! », 23/08/2021, disponible, https://www.lemondedesartisans.fr/actualites/performa-environnement-coup-daccelerateur-sur-la-transition-ecologique

Le Portail des Chambres des Métiers et de l’Artisanat,2021, disponible, https://www.artisanat.fr/artisan/developper-mon-entreprise/renforcer-sa-performance-et-sa-competitivite-avec-les-diagnostics

« Faire sa part : Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’Etat face à l’urgence climatique », https://www.carbone4.com/publication-faire-sa-part

Dossier ADEME les français et l’environnement, disponible, https://infos.ademe.fr/article-strategie/des-francais-prets-a-des-changements-en-faveur-de-lenvironnement/

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