Article de Sébastien CAZUGUEL (MS EEDD parcours RSEDD 2025-26) 

Introduction

Les enfants connaîtront-ils la joie de voir la neige en montagne en 2030, 2040 ou 2050 ? Cette question, la station de Métabief a été l’une des premières à se la poser très sérieusement, mettant en place un plan d’adaptation précurseur. Les montagnes sont en effet en première ligne du réchauffement climatique, avec un impact environ deux fois plus rapide[1] qu’en plaine, sur une partie du globe, l’Europe occidentale, elle-même deux fois plus exposée[2] au réchauffement climatique.

Quels points communs entre les stations de Ceüze, La Sambuy ou Le Grand Puy ? Elles ont toutes décidé de réduire drastiquement leurs investissements, voire de démanteler leurs installations, faute de viabilité du ski alpin. On estime ainsi que 31%[3] des stations ont déjà fermé en France, faute de neige.

Face à l’inéluctable, comment organiser la fin d’une activité ?


Pour vous raconter l’expérience de Métabief, une station du Jura parmi les premières de France à avoir pris au sérieux la menace qui pesait sur son modèle et à s’être organisée, nous allons nous appuyer sur l’expérience que raconte le « directeur de la transition » de Métabief, Olivier Erard[4], plus tard qualifié d’ « homme derrière la sortie du tout-ski »[5], dans son livre intitulé « Le passeur – Métabief, une expérience pionnière de l’adaptation d’un territoire aux enjeux environnementaux » (2024).

Trois questions guideront nos réflexions : Quelle a été la chronologie de cette adaptation ? Pour quelles raisons cette station a-t-elle décidé de tourner la page du ski ? Et, comment peut-on analyser cette adaptation à l’aune des concepts de redirection écologique ?

Comment la station s’est organisée pour anticiper son adaptation

Pour préparer son adaptation, la station a su rebondir sur une mauvaise surprise vécue à la fin des années 2010. Voulant renforcer et mettre à niveau ses remontées mécaniques, elle envisageait alors un investissement d’environ 15M€. Cela faisait plus de 10 ans que la station n’avait pas investi (2006) et elle monta un dossier pour obtenir des aides de l’État.

Avec le réchauffement, le Code de l’environnement se montre plus strict et exige une étude climatique pour tout investissement dans le ski. La station réalisa une étude sommaire[6] et demanda alors des fonds à l’État : le dossier fut rapidement rejeté, l’État exigeant l’adoption d’une étude plus précise reposant sur le modèle « ClimSnow [7]», qui permet de « quantifier, à diverses échéances » (2030, 2040, 2050), « la fiabilité de l’enneigement, sa variabilité et la capacité de chacune des stations à maintenir son exploitation, selon quels efforts et selon quelles modalités ».

En septembre 2017, le couperet tombe pour cette station située à faible altitude : « dès 2030, la viabilité du ski est fortement remise en question. À l’horizon 2040, il deviendra impossible d’enneiger les 2/3 du domaine, avec les canons à neige comme seule solution pour le tiers restant. « En 2050, la viabilité du ski alpin est estimée à zéro »[8]. La station sait à ce moment-là qu’elle ne pourra plus investir (faute de soutien public comme privé) mais n’ébruite pas ce constat pour ne pas inquiéter ses concitoyens et pour prendre le temps de construire une alternative.

Anticiper : prolonger l’activité et mesurer les changements


Très vite, la station décide au 2e semestre 2018 d’étudier si ses remontées mécaniques peuvent être conservées encore quelques années, moyennant de menus travaux. Elle fait réaliser une étude inédite en France, équipant toutes les remontées mécaniques de capteurs pour tester la résistance des métaux. L’étude identifia alors la base de certains poteaux comme le premier point de faiblesse à venir. Ainsi, au lieu de changer toute la remontée, la station dut seulement recouler certaines fondations.

En mars 2020, la station fait produire une première simulation économique de l’arrêt du ski pour son territoire, le Haut-Doubs : 50% de l’économie touristique est menacée[9]. Début 2022, après plusieurs mois de réflexion, la station finalise les premiers contours de son plan de transformation[10], visant à passer d’une « station de ski » à une « station de montagne » – nous y reviendrons -, avec un arrêt total du ski prévu entre 2030 et 2040, laissant donc moins de 10 ans[11] pour s’y préparer. Pour ce faire, la station est partie de zéro et a mené plusieurs ateliers pour imaginer un futur désirable (« design fiction »), mobilisant les ressources du territoire.

Pourquoi le ski ne sera bientôt plus viable pour les stations de moyenne montagne

On l’a vu, la station de Métabief est située à “basse altitude”, précisément à moins de 1100m pour les deux tiers[12] de sa surface exploitable. Elle offre 12 pistes de ski et 3 remontées mécaniques. La vulnérabilité des stations de ski (voir carte) est généralement analysée à travers deux prismes[13], comme dans les travaux de la Cour des comptes de 2024 : le risque climatique et leur fragilité financière.

Fig 1. Carte des scores de vulnérabilité des stations françaises (Le Monde, 2024)

Fig 1. Carte des scores de vulnérabilité des stations françaises[14] (Le Monde, 2024)

Métabief, une station de moyenne montagne, particulièrement exposée au risque climatique

La première cause de vulnérabilité climatique est directement liée au réchauffement. « À Métabief […], la température moyenne de l’hiver est devenue positive (>0°C) au début des années 2000 et depuis, le réchauffement s’est accéléré avec une augmentation de +1,5°C en 20 ans »[15]. Or, pour qu’il neige, le mercure doit descendre très proche de zéro. Il s’agit donc de s’intéresser à l’« isotherme zéro » (ou limite pluie/neige), à savoir l’altitude moyenne au-dessus de laquelle la température est inférieure à 0°C. Avec le réchauffement, il faut ainsi monter de plus en plus haut pour trouver de la neige.

Fig 2. – Évolution de la température hivernale à Métabief

Fig 2. – Évolution de la température hivernale à Métabief[16]

Comme nous pouvons le voir dans ce graphique ci-dessous, il y a plus d’un siècle, il pouvait neiger en plein hiver dans les Alpes suisses dès 150m d’altitude, alors qu’il faut atteindre aujourd’hui[17] un minimum de 850m (+700m). En effet, on estime que le réchauffement climatique entraine déjà une hausse de 100m de l’altitude de l’isotherme zéro par décennie (+200m entre 2000 et 2020 à Métabief), avec une prévision de 0°C atteint en hiver à 1200-1300m en 2030-2035[18] dans la région de Métabief. Pour la station, c’est tout simplement la menace d’un arrêt complet puisque la quasi-totalité (2/3) du domaine skiable ne recevrait plus de neige naturelle.

Fig. 3 - Comparaison de l'isotherme zéro Suisse entre 1871 et 2019

Fig. 3 – Comparaison de l’isotherme zéro Suisse entre 1871 et 2019[19]

Des conséquences déjà bien visibles pour l’Homme et amenées à s’amplifier

La hausse des températures engendre également une très grande variabilité du couvert neigeux, là où la constance et l’abondance était la norme par le passé. Ainsi, il neige de moins en moins régulièrement sur les pistes (avec même des hivers sans neige), et à une altitude de plus en plus élevée

Les conséquences sont déjà visibles, dès aujourd’hui et depuis plusieurs années : fermeture de 30% des pistes en 2024[20], voire absence de neige en 2020[21]. Certains hivers sont normaux, faisant oublier momentanément la fin inexorable, mais la tendance est à la raréfaction de l’enneigement (un mois de neige en moins par an[22]).

Et des impacts incommensurables et irréversibles pour les écosystèmes

Au-delà des aspects économiques et sociaux vécus par les habitants et les professionnels de la région, qui feront probablement preuve de résilience pour la plupart, le plus grave reste l’impact colossal que le réchauffement climatique et l’artificialisation des sols font subir subitement aux écosystèmes locaux, particulièrement variés et fragiles dans les zones de moyenne et haute montagne.

La majorité des espèces animales et végétales n’a pas le temps de s’adapter à la hausse de l’isotherme en un temps si court (+100m par décennie) et est condamné à disparaitre.

Des coûts d’exploitation et d’investissement qui ne seront jamais amortis avec le réchauffement

La seconde raison de vulnérabilité est financière, qu’on peut expliquer par la pression exercée par le réchauffement sur l’équilibre économique de certaines stations fragiles et par le poids disproportionné du ski pour les territoires.

Des moyens colossaux mobilisés pour garantir la glisse…

Le ski nécessite un grand nombre d’équipements : dameuses, remontées mécaniques, canons à neige et autres machines, dont l’achat et l’entretien sont onéreux. Les infrastructures soumises à un environnement très rude et à une utilisation intensive, nécessitent d’être régulièrement révisées. Par ailleurs, il y a besoin d’un recours très élevé au travail humain pour faire fonctionner un domaine skiable. Son exploitation conduit donc à des coûts opérationnels très élevés, nécessitant des subventions publiques pour faire fonctionner les stations les plus fragilisées, pouvant constituer jusqu’à 1/4 de leurs revenus.

… avec un modèle fortement déficitaire, sous perfusion publique, reposant sur le tout-ski

C’est peu connu mais les stations de ski sont souvent soutenues par des financements[26] publics en France (contrairement à l’étranger) : les financements publics perçus par les opérateurs des remontées mécaniques représentent en moyenne entre 23% et 28% de leur chiffre d’affaires[27]. Il n’y a guère que les « grands » domaines qui peuvent ne pas reposer sur les subventions pour s’équilibrer. C’est tout le paradoxe financier du ski : il nécessite des investissements publics colossaux, mais lorsque la neige est présente et pérenne, l’activité assure des ressources très élevées pour les commerçants et hôteliers, moins pour les exploitants des remontées.

Fragilisées par le manque d’enneigement et l’érosion de leur clientèle, de plus en plus de stations ne sont déjà plus en capacité d’atteindre l’équilibre d’exploitation[28]. Alors quand vient le moment de solliciter des subventions publiques pour investir dans des nouvelles remontées et que le modèle ClimSnow de l’étude climatique montre des résultats peu probants, le Code de l’Environnement conduit l’État à les refuser : il n’est plus viable que le contribuable finance à perte, telle une mission de service public, une activité condamnée et par définition assez peu populaire (seule 9% de la population skie[29]).

Cette vulnérabilité est aggravée par le modèle du tout-ski qui s’est développé en France surtout entre 1964 et 1977, sous l’impulsion de l’Etat et de son « plan neige » : des stations de ski ont poussé comme des champignons de béton, là où il n’y avait rien (Les Arcs, Avoriaz, etc.). Totalement dépendante d’une seule activité touristique, elles tentent depuis de diversifier leurs revenus, adoptant progressivement le virage des « quatre saisons » (randonné et VTT l’été, luge sur rail le reste de l’année, etc.).

Par quoi ou comment prolonger ? remplacer ?

Les canons à neige ? La Cour des comptes est également critique : au mieux, une « une protection relative et transitoire », avec de sévères limites : installation compliquée (orientation, vent), efficacité en baisse chaque année
(-6h/an[30]) et gouffres écologiques et financiers (eau, électricité), encore plus palpables avec la hausse du coût de l’énergie.

Quant à la diversification, tous les acteurs l’affirment : la rentabilité du ski est incomparable face aux autres activités de substitution, le ski pesant pour 90% de l’économie touristique du territoire[31] du Haut-Doubs. Les alternatives pâtissent également de fortes contraintes de territoire ou de réglementation[32] : protection des terrains agricoles, zones pastorales, de l’exploitation forestière ou encore des forêts, bois ou espèces fragiles.

La diversification n’est donc qu’un moyen de ralentir la baisse d’activité du ski mais ne le remplacera pas.  Pour Métabief, « transformer la station de ski en station de montagne ne suffira pas pour remplacer le ski alpin, il est indispensable de revoir complètement le modèle touristique »[33].

Ce travail de recomposition du futur modèle touristique du territoire, lancé en 2022, est toujours en cours en 2025, avec une seule réalisation concrète à son actif : une luge sur rail, permettant d’accueillir le public 10 mois de l’année[34]. « D’autres activités sont en réalisation et réflexion : nouveaux parcours vtt, pôle montagne… »[35] mais même avec d’autres activités de compensation, la station estime que ses retombées seront divisées[36] par cinq…

Un bassin régional totalement chamboulé et mis devant le fait accompli de la fin du tout-ski

La baisse drastique des revenus de la station se répercutera également bien au-delà des remontées, car l’ensemble des acteurs d’une station de ski et de ses alentours bénéficie directement de retombées financières (sans contribuer directement au financement ou à l’exploitation des infrastructures). Pour 1€ dépensé dans les remontées, 4 à 6€ sont dépensés sur le territoire (nuitées, repas, courses, location de matériel, etc.). C’est ainsi de 40[38] à 60%[39] du CA des territoires qui est menacé, nécessitant de repenser leur modèle de développement.

Étonnamment, à l’échelle du domaine skiable, la décision d’arrêter les investissements et de concevoir un « master plan » de transformation du territoire a été très peu partagée initialement avec les parties prenantes (commerçants, usagers, etc.). Les acteurs privés ne contribuant pas au financement, ils n’ont tout simplement pas été inclus dans la réflexion tout comme les citoyens, jugés incapables, selon Olivier Erard, de « renoncer », « trop attachés[40] » au ski, à un « héritage, à une notoriété, à un prestige ». C’est donc quasi uniquement par le prisme de la non-viabilité économique et de son financement public qu’a été actée la fin du modèle du tout-ski pour Métabief.

Perspectives : de la transition à la redirection, les différentes pistes de la sobriété

Résumons : dès 2017, la station de Métabief réalisa que son modèle de développement reposant à 100% sur le ski serait menacé dès 2030 voire à l’arrêt en 2050, faute de viabilité climatique comme économique. Elle fut ainsi l’une des premières de France à décider d’abandonner progressivement le ski, d’abord en arrêtant les investissements puis en prévoyant une transformation du territoire sur plusieurs décennies.

Dans un contexte où le public était qualifié de « trop attaché » au ski et « incapable » de « renoncer », ce choix unilatéral d’arrêter le ski était-il la seule option possible ? Plus largement, face à un diagnostic de non-soutenabilité, intéressons-nous aux différentes trajectoires possibles. Nous vous proposons pour cela d’explorer le concept passionnant qu’est le cadre conceptuel de la « redirection écologique[41] » des chercheurs Alexandre Monin[42] et Diego Landivar.

Un cadre qui questionne les finalités et non les moyens…

Selon eux, la « transition » écologique se définit par des « efforts de limitation de nos impacts sur l’environnement » et repose avant tout sur un « objectif de transformation des moyens, surtout techniques, utilisés pour faire fonctionner notre société », comme peut l’être la transition de la mobilité, avec ses nouvelles batteries électriques. La transition n’est pas suffisante car, en se concentrant sur la transformation des moyens, elle fait oublier l’essentiel, à savoir les « finalités » de nos activités, leurs justifications et leurs acceptabilités sociales. Elle revient à s’interroger sur nos réels besoins, avant d’améliorer l’efficience de nos outils et solutions : « utiliser un véhicule électrique de la taille d’un petit tank et pesant 2,5 tonnes pour déplacer une seule personne de 70 kg sur 4 km est-il vraiment adapté ou nécessaire ? »

…et qui invite à revoir nos activités, voire à y renoncer, pour mieux vivre

C’est tout l’apport du concept de redirection, qui se propose d’interroger « notre consommation et nos modes de production » en les « confrontant aux limites de notre planète »[43]. Confronté à des « tensions sur les limites planétaires, les ressources matérielles et l’énergie » qui « doivent être envisagées comme un problème de finalités qui affectent directement les conditions d’existence et de subsistance sur Terre », l’humanité doit réorienter « ses organisations, ses institutions et ses infrastructures » dans « leurs stratégies et même pour certains dans leur existence »[44]. Le modèle invite donc à « renoncer » aux activités qui n’ont plus de légitimité sociale ou écologique, là où aujourd’hui les renoncements sont encore considérés trop exclusivement sous l’angle financier.

Le modèle de la redirection retient 4 critères afin d’étudier les trajectoires[45] possibles de redirection d’une activité :

  • La soutenabilité : l’activité est-elle fortement ou faiblement soutenable d’un point de vue des risques et impacts écologiques ?
  • L’utilité sociale: le niveau d’utilité sociale de l’activité est-il fort ou faible ?
  • Les attachements : l’attachement du public ou des clients est-il faible ou fort ? si oui, est-il partagé par la vaste majorité de la population ?
  • Les héritages : la capacité de l’organisation à se rediriger (moyens financiers, humaines ou immatériels) est-elle faible ou forte ?

Selon les réponses à ces critères, 4 trajectoires différentes de changement se dessinent en cas de faible soutenabilité :

Soutenabilité  (A)

Utilité (B) Attachements (C) Héritages (D)  (A+B+C+D) Trajectoire
Faible Forte Forts Fortes Transition
Faible Forte Forts Faibles Sobriété
Faible Faible Faibles Fortes Réaffectation
Faible Faible Faibles Faibles Renoncement


Fig.4 – Arbitrage sur le chemin à suivre en fonction des 4 critères de la redirection écologique[46]

La transition écologique, pour réduire les impacts, vise uniquement une transformation technique. La sobriété pour laquelle il faut « considérer […] une réduction de la production[47]», au-delà de la transformation technique. La réaffectation qui réoriente une activité en s’appuyant sur ses fortes capacités de remobilisation (ex : aviation civile d’affaires). Et enfin le renoncement, qui caractérise l’activité la plus condamnée et la plus fragile. Celui-ci doit alors « prendre soin des différentes parties prenantes et être accompagné dans le temps par différentes mesures de compensation, quand cela est possible ».

L’adaptation de Métabief : un renoncement précurseur, sans compensation ni modèle participatif, mais qui aura permis d’ouvert le débat à l’échelle nationale

Pour le ski à Métabief, le modèle de la redirection s’interrogerait comme suit : « le ski (dont 1/3 de la surface dépend de neige artificielle[48]) est-il soutenable écologiquement ? » , « est-il utile socialement ? », « la population y est-elle attachée en majorité ? », « les territoires disposent-ils de moyens importants pour se rediriger ?».

A l’aune de ces réponses, le choix de Métabief relève du « renoncement » et non de celui de « transition » qu’on retrouve trop souvent pour qualifier Métabief, et c’est d’ailleurs ce mot de renoncement qu’emploie a posteriori Olivier Erard, qui a découvert plus tard le concept. Avec le recul, le territoire aurait ainsi pu bénéficier d’un meilleur accompagnement, via les bonnes pratiques recommandées en cas de « renoncement » : qu’il soit anticipé, démocratique et non brutal[49].

En définitive, bien qu’elle ait été décidée initialement de manière peu participative, la démarche de Métabief aura eu le mérite d’ouvrir une brèche nécessaire dans le modèle du « tout-ski » et de faire boule de neige à l’échelle nationale, avec par exemple l’organisation d’États généraux de la transition du tourisme en montagne[50] en 2021, doté plus tard d’un fonds de dotation de 300M€[51] pour aider 60 territoires prioritaires à organiser leur adaptation.
Face à ce défi gigantesque, ces 300M€ ne seront pas de trop. On peut donc légitiment s’interroger sur l’intérêt de la candidature de la France aux JOP d’hiver de 2030 : alors qu’il faudrait des investissements forts et pérennes pour mieux adapter les territoires et préparer ses habitants, plus de 2 milliards[52] d’euros ont été budgétés pour seulement 17 jours de JO d’hiver en 2030, dans des infrastructures pour la plupart déjà toutes condamnées à moyen terme par leur faible altitude[53]. Un exemple typique de mal-adaptation, au plus haut « sommet » de l’État…

Conclusion

En définitive, bien qu’elle ait été décidée initialement de manière peu participative, la démarche de Métabief aura eu le mérite d’ouvrir une brèche nécessaire dans le modèle du « tout-ski » et de faire boule de neige à l’échelle nationale, avec par exemple l’organisation d’États généraux de la transition du tourisme en montagne[50] en 2021, doté plus tard d’un fonds de dotation de 300M€[51] pour aider 60 territoires prioritaires à organiser leur adaptation.

Face à ce défi gigantesque, ces 300M€ ne seront pas de trop. On peut donc légitiment s’interroger sur l’intérêt de la candidature de la France aux JOP d’hiver de 2030 : alors qu’il faudrait des investissements forts et pérennes pour mieux adapter les territoires et préparer ses habitants, plus de 2 milliards Un exemple typique de mal-adaptation, au plus haut « sommet » de l’État…

Sources

[1] Ministères Transition Ecologique, Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique (2024) Lien.
Et « Le mal des montagnes, un monde à réinventer » (octobre 2025), La Revue Dessinée/Reporterre, p. 45

[2] Ministères Transition Ecologique, Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique (17 octobre 2025)  Lien

[3] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit., p. 45

[4] ERARD, Olivier. Le passeur : Métabief, une expérience pionnière de l’adaptation d’un territoire aux enjeux environnementaux. Editions inverse. 2024. 384 p.

[5] Outside.fr, « Olivier Erard, l’homme derrière la « sortie du tout ski » de Métabief », 26 février 2024

[6] ERARD (2025), op. cit., p. 145 et p. 328

[7] Modèle ClimSnow, détails sur la page de Météo France et de l’INRAE (lien)

[8] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[9] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[10] Ibid., p.302

[11] Ibid., p.261

[12] ERARD (2024), op. cit., p. 148

[13] Cour de comptes (février 2024), « Les stations de montagne face au changement climatique » lien et article Le Monde du 20/02/24)

[14] Ibid. (article Le Monde, 20/02/24)

[15] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[16] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[17] Office fédéral de météorologie et de climatologie, Isotherme du zéro degré,  (Lien)

[18] ERARD (2025), op. cit., p.148

[19] Ibid.

[20] Le Monde, 28/09/2024 (Lien)

[21] ERARD (2025), op. cit., p. 272

[22] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit.

[23]  Cour de comptes (février 2024), op. cit.

[24] ERARD (2025), op. cit.

[25] Domaines Skiables de France, 25/02/2025 (lien)

[26] Le Monde, 20/02/2024 (lien)

[27] « Stations de ski : la Cour des comptes pour un fonds d’adaptation au changement climatique », Caisse des dépôts (Banque des Territoires), 6 février 2024 (Lien)

[28] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit., p. 50

[29] Etude CREDOC (2024) et article Le Monde (09/02/24)

[30] ERARD (2025), op. cit., p.146

[31] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[32] Ibid., p. 206

[33] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[34] Site de Métabief, page « Transition », accédé en novembre 2025

[35] Ibid.

[36] Ibid., p. 250

[37] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit., p. 50

[38] Ibid., p. 251

[39] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit.

[40] ERARD (2025), op. cit., p. 173

[41]  Pour une introduction générale : L’ADN.eu, « Zoom sur la redirection écologique, la méthode qui nous invite à renoncer et à desinnover » (lien)

[42] MONIN, Alexandre et al., La redirection écologique des entreprises : Se transformer pour être compatible avec la nouvelle réalité écologique. Dunod. 2025. p. 113

[43] Ibid., p. 17

[44] Ibid., p. 116

[45] Ibid, p 113-114

[46] Ibid., p. 117

[47] Ibid., p. 113-114

[48] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit.

[49] MONIN, Alexandre et al (2025), « La redirection écologique des entreprises : Se transformer pour être compatible avec la nouvelle réalité écologique », Dunod, p. 116-117

[50] Agence de développe touristique de la France, 13/07/2021 (lien)

[51] Caisse des dépôts, « Avenir Montagnes, pour un développement touristique résilient et durable »,  lien

[52] La Provence, 20/10/2025 (lien)

[53] La Revue Dessinée/Reporterre (2025), op. cit., p. 150

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